SORTIE D’AUTOMNE DE LA SHMR à PARIS 

 Académie nationale de médecine et église Saint-Germain-des-Prés

Jeudi 17 octobre 2019

Grâce à notre administrateur Damien Blanchard un groupe d’une trentaine de nos membres a pu être accueilli dans cette vénérable institution qu’est l’Académie nationale de médecine, dont il est bibliothécaire, et reçus par un académicien, son trésorier, le professeur Rouessé.

Fondée en 1820 après que la tourmente révolutionnaire eut aboli son ancêtre la Société royale de médecine, elle est le conseiller du gouvernement sur les problèmes de santé publique d’une part et œuvre d’autre part au perfectionnement et à la diffusion des sciences médicales et pharmaceutiques. Placée sous la tutelle du ministère de l’Éducation nationale, elle siège dans le bâtiment construit pour elle au numéro 16 de la rue Bonaparte depuis 1902 (elle était auparavant logée rue de Poitiers) et son fonctionnement est assuré par des subventions de l’État. Elle peut aussi recevoir des dons et legs exonérés de droits de succession en respectant scrupuleusement les volontés exprimées par les donateurs. Comportant 137 membres titulaires (et de nombreux membres associés), elle est dirigée par un conseil d’administration sous la responsabilité de son Secrétaire perpétuel et élit chaque année un nouveau président. Elle tient séance publique tous les mardis où sont présentées des communications scientifiques. Les travaux des académiciens sont étudiés au sein de commissions et groupes de travail et donnent lieu à des rapports publiés dans le bulletin de l’Académie ; une lettre trimestrielle ainsi qu’un site internet complètent celui-ci en assurant une information actualisée permanente.

Le bâtiment construit au début du XXe siècle contient, outre divers bureaux, une salle des séances en amphithéâtre dans laquelle chaque académicien a son pupitre doté d’un microphone, le public étant accueilli à l’étage sus-jacent dans une galerie qui surplombe la salle. Lors de notre visite se tenait un colloque franco-québécois consacré au déclin cognitif, au diabète et autres troubles métaboliques. Les couloirs, escaliers et diverses salles d’accueil sont ornés de peintures des XIXe et XXe siècles illustrant des thèmes médicaux et de sculptures constituées essentiellement de bustes de grandes figures de la médecine.

Il contient aussi une bibliothèque (que Damien Blanchard nous a présentée) riche d’environ 400.000 volumes conservés sur huit niveaux dont les plus anciens remontent au XVe siècle (113 incunables dont nous avons pu admirer quelques exemplaires).

Ouverte à toute personne faisant des recherches dans le domaine médical, elle rassemble la plupart des ouvrages et collections de périodiques français et étrangers en rapport avec la santé, ainsi qu’un fonds d’archives et de manuscrits datant surtout du XVIIIe siècle, des portraits et dossiers biographiques de médecins et savants. Reliée aux grandes bases de données biomédicales internationales, la majorité de ses documents est signalée sur son site internet http://bibliotheque.academie-medecine.fr

Après cette passionnante visite nous avons remonté la rue Bonaparte pour rejoindre l’église Saint-Germain-des-Prés où nous attendait notre guide, un paroissien érudit.

L’église constitue le seul vestige resté debout de la célèbre abbaye bénédictine fondée au milieu du VIe siècle par le roi mérovingien Childebert Ier et l’évêque de Paris, Germain, située hors les murs du Paris de l’époque. Abbaye royale, bénéficiaire d’exemption elle relevait directement du pape et non de l’évêque. Son église abbatiale est consacrée en 558 sous le vocable de la sainte Croix et de saint Vincent de Saragosse. Elle sera nécropole royale mérovingienne jusqu’à la fondation de la basilique de Saint-Denis sous Dagobert. L’église est rebâtie à la fin du Xe siècle par l’abbé Morard et l’église actuelle conserve de cette époque romane le clocher-porche (ses quatre premiers niveaux), la nef et le transept avec d’intéressants chapiteaux, alors que le chœur est reconstruit au milieu du XIIe siècle dans le style gothique primitif, consacrée par le pape Alexandre III en 1163. Elle est ainsi le plus ancien édifice gothique français.

L’abbaye aura un grand rayonnement d’érudition sous l’impulsion de la réforme mauriste de 1630, mais souffrira des destructions majeures lors de la Révolution à partir de février 1792, l’église étant même transformée en manufacture de salpêtre. Elle ne sera rendue au culte qu’en 1803 en tant qu’église paroissiale et sera restaurée entre 1821 et 1854 par les architectes Etienne Hippolyte Godde et Victor Baltard, d’où la présence de vitraux du XIXe siècle et de décors peints dorés des colonnes et chapiteaux et de peintures murales d’Hippolyte Flandrin et son fils. Actuellement ses bas-côtés sont encore en travaux et ne seront de nouveau accessibles qu’à parti de février 2020.

Texte : Pierre Charon

Photographies : Fabien Couturier

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SORTIE D’AUTOMNE DE LA SHMR à PARIS 

 Académie nationale de médecine et église Saint-Germain-des-Prés

Jeudi 17 octobre 2019

Grâce à notre administrateur Damien Blanchard un groupe d’une trentaine de nos membres a pu être accueilli dans cette vénérable institution qu’est l’Académie nationale de médecine, dont il est bibliothécaire, et reçus par un académicien, son trésorier, le professeur Rouessé.

Fondée en 1820 après que la tourmente révolutionnaire eut aboli son ancêtre la Société royale de médecine, elle est le conseiller du gouvernement sur les problèmes de santé publique d’une part et œuvre d’autre part au perfectionnement et à la diffusion des sciences médicales et pharmaceutiques. Placée sous la tutelle du ministère de l’Éducation nationale, elle siège dans le bâtiment construit pour elle au numéro 16 de la rue Bonaparte depuis 1902 (elle était auparavant logée rue de Poitiers) et son fonctionnement est assuré par des subventions de l’État. Elle peut aussi recevoir des dons et legs exonérés de droits de succession en respectant scrupuleusement les volontés exprimées par les donateurs. Comportant 137 membres titulaires (et de nombreux membres associés), elle est dirigée par un conseil d’administration sous la responsabilité de son Secrétaire perpétuel et élit chaque année un nouveau président. Elle tient séance publique tous les mardis où sont présentées des communications scientifiques. Les travaux des académiciens sont étudiés au sein de commissions et groupes de travail et donnent lieu à des rapports publiés dans le bulletin de l’Académie ; une lettre trimestrielle ainsi qu’un site internet complètent celui-ci en assurant une information actualisée permanente.

Le bâtiment construit au début du XXe siècle contient, outre divers bureaux, une salle des séances en amphithéâtre dans laquelle chaque académicien a son pupitre doté d’un microphone, le public étant accueilli à l’étage sus-jacent dans une galerie qui surplombe la salle. Lors de notre visite se tenait un colloque franco-québécois consacré au déclin cognitif, au diabète et autres troubles métaboliques. Les couloirs, escaliers et diverses salles d’accueil sont ornés de peintures des XIXe et XXe siècles illustrant des thèmes médicaux et de sculptures constituées essentiellement de bustes de grandes figures de la médecine.

Il contient aussi une bibliothèque (que Damien Blanchard nous a présentée) riche d’environ 400.000 volumes conservés sur huit niveaux dont les plus anciens remontent au XVe siècle (113 incunables dont nous avons pu admirer quelques exemplaires).

Ouverte à toute personne faisant des recherches dans le domaine médical, elle rassemble la plupart des ouvrages et collections de périodiques français et étrangers en rapport avec la santé, ainsi qu’un fonds d’archives et de manuscrits datant surtout du XVIIIe siècle, des portraits et dossiers biographiques de médecins et savants. Reliée aux grandes bases de données biomédicales internationales, la majorité de ses documents est signalée sur son site internet http://bibliotheque.academie-medecine.fr

Après cette passionnante visite nous avons remonté la rue Bonaparte pour rejoindre l’église Saint-Germain-des-Prés où nous attendait notre guide, un paroissien érudit.

L’église constitue le seul vestige resté debout de la célèbre abbaye bénédictine fondée au milieu du VIe siècle par le roi mérovingien Childebert Ier et l’évêque de Paris, Germain, située hors les murs du Paris de l’époque. Abbaye royale, bénéficiaire d’exemption elle relevait directement du pape et non de l’évêque. Son église abbatiale est consacrée en 558 sous le vocable de la sainte Croix et de saint Vincent de Saragosse. Elle sera nécropole royale mérovingienne jusqu’à la fondation de la basilique de Saint-Denis sous Dagobert. L’église est rebâtie à la fin du Xe siècle par l’abbé Morard et l’église actuelle conserve de cette époque romane le clocher-porche (ses quatre premiers niveaux), la nef et le transept avec d’intéressants chapiteaux, alors que le chœur est reconstruit au milieu du XIIe siècle dans le style gothique primitif, consacrée par le pape Alexandre III en 1163. Elle est ainsi le plus ancien édifice gothique français.

L’abbaye aura un grand rayonnement d’érudition sous l’impulsion de la réforme mauriste de 1630, mais souffrira des destructions majeures lors de la Révolution à partir de février 1792, l’église étant même transformée en manufacture de salpêtre. Elle ne sera rendue au culte qu’en 1803 en tant qu’église paroissiale et sera restaurée entre 1821 et 1854 par les architectes Etienne Hippolyte Godde et Victor Baltard, d’où la présence de vitraux du XIXe siècle et de décors peints dorés des colonnes et chapiteaux et de peintures murales d’Hippolyte Flandrin et son fils. Actuellement ses bas-côtés sont encore en travaux et ne seront de nouveau accessibles qu’à parti de février 2020.

Texte : Pierre Charon

Photographies : Fabien Couturier