SHMR // Retour sur la sortie de Nogent, le 17 juin dernier

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SHMR // Retour sur la sortie de Nogent, le 17 juin dernier

Sortie du 17 juin 2017 

Partis de bon matin de Meaux notre autocar nous a amenés à Nogent-sur Seine, petite ville de six mille habitants mais riche en patrimoine et souvenirs, riche aussi en ressources par la présence de la centrale nucléaire et des moulins sur la Seine. Notre visite a commencé le matin par l’église Saint-Laurent : construite entre 1421 et 1551, avec une architecture gothique et renaissance, dotée d’une tour haute de 37 mètres. Elle détient un très riche patrimoine mobilier, notamment en objets de culte, souvent réalisé par des artistes de grande renommée dans ce domaine, notamment statues et sculptures de Marius Ramus, Alfred Boucher ou encore Paul Dubois. La visite de l’église, un peu écourtée en raison de l’horaire de la messe dominicale, a été suivie d’un tour de ville avec le joli théâtre du XIXe siècle, le monument aux morts dû à Alfred Boucher, les maisons à colombages, la maison de Gustave Flaubert maintenant occupée par une agence bancaire.

Nogent-sur Seine : les moulins

 

Nogent : église Saint-Laurent, vitrail XIXe

Nous nous sommes rendus ensuite au musée Camille Claudel, ouvert depuis le printemps 2017 et récemment inauguré par la ministre de la Culture. Il doit son nom au riche ensemble d’œuvres de ce sculpteur dont la ville a pu se doter et en mémoire du fait que c’est à Nogent-sur-Seine que Camille Claudel, adolescente, a affirmé sa vocation alors qu’elle vivait dans la maison de famille (1876-1878) et a commencé à côtoyer des célébrités de son art. Le musée contient la plus importante collection au monde de ses œuvres, au nombre de quarante-sept, permettant de découvrir l’ensemble de sa carrière artistique. Mais aussi cet ensemble s’intègre dans la riche production artistique nogentaise du XIXe siècle, permettant d’intéressantes comparaisons stylistiques, avec des sculptures de Marius Ramus, Paul Dubois, Alfred Boucher, tous trois Nogentais à un moment ou un autre, rappelant que Nogent fut à cette époque une ville très fréquentée par des sculpteurs. Le parcours réunit environ deux cents œuvres représentatives de cette richesse s’intégrant tant dans l’architecture que dans l’aménagement de l’espace public et même dans sa diffusion à l’espace privé.

 

 

Musée Camille Claudel

 

 

Après le déjeuner pris au domaine des Graviers, en bordure de Seine, le car nous a emmenés au château de la Motte-Tilly, élégante construction du XVIIIe siècle, entièrement meublé dans le goût de l’époque (avec des ajouts contemporains s’y intégrant parfaitement). Édifié en 1754 sur la ruine d’un château féodal avec des plans de l’architecte François-Nicolas Lancret, pour l’abbé de Terray, futur contrôleur général des finances de Louis XV, resté dans la famille des frères Terray, il est passé ensuite, en 1910, dans celle de Rohant-Chabot au sein de laquelle le comte a restauré entièrement le bâtiment. Il devient ensuite la possession de sa fille la marquise de Maillé qui, veuve depuis la Grande Guerre, en reconstitue avec goût l’ameublement et la décoration, témoignant de l’art de vivre au XVIIIe siècle. Sans enfant en raison du décès prématuré de sa fille elle lèguera à sa mort le château avec un domaine de plus de 1000 hectares à la Caisse des Monuments historiques, aujourd’hui Centre des monuments nationaux, à la condition qu’il ne soit pas transformé en musée mais conserve son agencement d’une demeure privée telle que la marquise l’a laissée, dans l’état et l’ameublement d’un intérieur resté très vivant. La promenade dans le parc historique de 62 hectares, classé et labellisé « Jardin remarquable » a complété le plaisir de cette visite.

Château de La Motte-Tilly

Sur le chemin du retour un détour par Villenauxe-la-Grande nous a permis d’admirer l’architecture extérieure et intérieure de la vaste église Saint-Pierre Saint-Paul, construite entre le XIIIe et le XVIe siècles, dotée d’une seule tour nord, des portails XVIIe ayant été ajoutés aux entrées nord et sud. Un bombardement aérien en juin 1940 ayant en partie détruit sa toiture et soufflé ses vitraux, elle a bénéficié d’une importante restauration entre 1990 et 2000 et des vitraux contemporains ont été mis en place. Le chœur, partiellement entouré de grilles de fer forgé d’époque Louis XV, et le sanctuaire sont couverts d’une très belle voûte en bois, la chapelle axiale du déambulatoire présente une belle pieta du sculpteur nogentais Alfred Boucher (un exemplaire comparable en est présenté au musée Camille Claudel) ; à signaler, au revers du mur occidental l’insertion d’une linteau sculpté provenant du portail de l’abbaye détruite de Nesle-la-Reposte et, dans la chapelle des fonds baptismaux, une magnifique clé de voûte représentant le baptême de Jésus par saint Jean-Baptiste.

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